Publication du Portrait des ITSS au Québec : année 2024 et projections 2025
Le Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) présente l’évolution récente des ITSS au Québec dans un contexte encore marqué par la pandémie de COVID‑19.
Effet pandémique et rebond post‑COVID‑19
La baisse globale, soudaine et importante observée en 2020‑2021 correspond principalement à l’implantation des mesures sanitaires liées à la COVID‑19, qui ont affecté le dépistage, le diagnostic et la déclaration des cas de plusieurs ITSS.
À partir de 2022, plusieurs ITSS présentent une remontée rapide des taux d’incidence. C’est le cas de l’infection gonococcique (gonorrhée), de la syphilis infectieuse et de la syphilis congénitale. Ces augmentations s’expliquent en partie par un effet de rebond, combiné à la reprise de tendances à la hausse déjà présentes avant la pandémie.
Stabilisation et premiers signes de recul pour certaines infections
Après plus de vingt-cinq ans de hausse quasi continue, une diminution récente de l’incidence est observée pour l’infection à Chlamydia trachomatis (chlamydia). Les projections suggèrent que ce recul pourrait se poursuivre en 2025. Cette baisse est observée malgré des volumes de dépistage élevés, ce qui suggère qu’elle ne résulte pas d’une diminution des tests, mais pourrait traduire une évolution réelle de la transmission.
Par ailleurs, après des hausses rapides en 2022‑2023, l’infection gonococcique montre en 2024‑2025 des signes de stabilisation, bien que les taux demeurent élevés comparativement à la période prépandémique.
Transformation des profils démographiques et disparités géographiques
Les données indiquent des changements marqués dans les populations touchées par certaines ITSS. Ainsi, la syphilis infectieuse, auparavant surtout concentrée dans certaines régions urbaines et populations spécifiques, est maintenant observée dans la majorité des régions du Québec et touche de plus en plus la population hétérosexuelle. L’augmentation des cas chez les femmes, majoritairement en âge de procréer, entraîne des conséquences importantes, notamment une hausse de la transmission périnatale, comme observé pour la syphilis congénitale.
Antibiorésistance : un enjeu transversal
L’antibiorésistance constitue un enjeu majeur, particulièrement pour l’infection gonococcique. Même si la résistance à certains antibiotiques semble diminuer, la détection de souches moins sensibles à d’autres antibiotiques suscite des préoccupations importantes, dans un contexte où les options alternatives de traitement demeurent limitées.
Pour en savoir plus
Consultez le Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang au Québec : année 2024 et projections 2025 et l'infographie.