Données 2023 et 2024 du virus de l’immunodéficience humaine au Québec

En 2023 et 2024, le Québec a enregistré dans son programme de surveillance du VIH (virus de l'immunodéficience humaine) respectivement 1 110 et 1 122 cas, atteignant un niveau jamais observé depuis le début des années 2000. 

Cette augmentation révèle une évolution du portrait général de la transmission du VIH, qui reflète principalement un changement au niveau des dynamiques migratoires et la poursuite du rattrapage des dépistages postpandémiques, plutôt que dans une hausse de la transmission sur le territoire du Québec.

Taux des premiers diagnostics plus élevés qu’avant la pandémie

Les premiers diagnostics1 représentent un peu plus de 40 % de l’ensemble des diagnostics enregistrés en 2023 et en 2024. Après deux années consécutives de hausse (2022 et 2023), le taux de premiers diagnostics s'est stabilisé entre 2023 et 2024, mais il demeure environ 45 % plus élevé qu’en 2019. 

La hausse des premiers diagnostics concerne surtout des personnes nouvellement arrivées au Canada (arrivées depuis moins de 6 ans), tandis que le nombre des premiers diagnostics chez les personnes nées ou établies au pays depuis plus longtemps a diminué progressivement au cours des 10 dernières années. Cette tendance est encourageante et suggère que les efforts de prévention, de dépistage et de traitement continuent de contribuer à réduire l'impact du VIH dans cette population.

Les contacts hétérosexuels et les contacts sexuels entre hommes représentent les principales voies d’exposition. Une proportion importante des premiers diagnostics sont encore diagnostiqués tardivement ou à un stade avancé de progression de l’infection.

Augmentation des diagnostics antérieurs, notamment ceux posés avant l’arrivée au Canada

Les diagnostics antérieurs2 représentent près de 60 % de l’ensemble des cas enregistrés au Québec en 2023 et 2024. Leur nombre continue d’augmenter et la majorité des personnes concernées ont reçu leur premier diagnostic à l’extérieur du Canada. Parmi les personnes ayant un diagnostic antérieur enregistré en 2023 et 2024, près de 90 % présentaient une charge virale supprimée au moment de leur inscription au programme, ce qui témoigne généralement d’une prise en charge efficace. 

Constats et actions de prévention

Ces résultats soulignent l’importance de maintenir un dépistage précoce, un accès rapide aux soins et des interventions adaptées aux réalités sociales et démographiques actuelles.


1 Premier diagnostic : Personnes diagnostiquées pour la première fois à vie au Québec pendant la période de surveillance (année civile), sans historique de tests antérieurs positifs avant la période de surveillance ou hors province (ailleurs au Canada ou hors Canada). Il peut s’agir d’une infection acquise récemment ou d’une infection présente depuis plusieurs années, non diagnostiquées auparavant.

2 Diagnostic antérieur: Personnes ayant obtenu un test positif durant l’année de surveillance et dont le diagnostic de VIH était déjà connu (dans un autre pays ou dans une autre province ou territoire du Canada), ou au Québec, mais sans enregistrement antérieur au programme.

Rédigé par
Zoë Greenwald, Diane Sylvain, Karine Blouin, Noémie Savard, Jean Sébastien Touchette
Date de publication :