Dernier tour de piste pour le projet SurvUDI

Trois décennies de surveillance

Pendant près de 30 ans, le réseau SurvUDI a constitué l’un des piliers de la surveillance épidémiologique des infections par le VIH (virus de l'immunodéficience humaine) et le VHC (virus de l'hépatite C) chez les personnes qui utilisent des drogues par injection (UDI) au Québec. Cette enquête intégrée combinait la collecte de données comportementales, obtenues par questionnaires auprès des personnes participantes, et des prélèvements biologiques. Ensemble, ces deux sources d’information ont permis de suivre les tendances épidémiologiques, d’identifier les facteurs de risque et d’orienter les interventions de santé publique.

2025 marque l’arrêt de la collecte de données, par manque de moyens, à l’exception de la région de Montréal, qui poursuit un projet de surveillance autonome régional.

Transformations du profil des personnes utilisatrices de drogues par injection et des substances consommées

Les données récoltées au cours des trente dernières années montrent plusieurs changements rapportés par les personnes participantes. Tout d’abord, l’âge médian des personnes utilisatrices de drogues par injections ayant participé a légèrement augmenté, tout comme la proportion de femmes. L’instabilité résidentielle a également connu une hausse marquée chez les personnes participantes du projet. 

En ce qui concerne les substances consommées, les substances injectées rapportées par les personnes participantes ont changé de manière significative. Depuis les dix dernières années, le fentanyl, le crack non injecté et la méthamphétamine sont en hausse, tandis que l’héroïne et la cocaïne diminuent.   

Également, une forte augmentation des surdoses non mortelles a été observée, de 12,6 % entre 2017-2019 à 32,4 % en 2023-2024.

VIH et VHC : deux trajectoires opposées

Les données épidémiologiques révèlent deux tendances opposées. Après une baisse soutenue entre 1995 et 2015, l’incidence du VIH est de nouveau en hausse. À l’inverse, l’incidence du VHC poursuit sa diminution, particulièrement depuis 2015.

Pour la suite

Dans un contexte où le dépistage du VIH et du VHC est en baisse depuis 2019, il devient essentiel de renforcer la promotion du dépistage régulier. Le maintien et l’amélioration de l’accès aux traitements et aux services de réduction des méfaits, comme le matériel de consommation sécuritaire, les centres de consommation supervisée, la distribution de naloxone et le traitement par agonistes opioïdes demeurent également des actions prioritaires pour prévenir les infections et les surdoses.

Pour en savoir plus

Consultez le dernier rapport. Également, retrouvez tous les rapports SurvUDI de l’INSPQ sur la page relative à la surveillance des infections transmissibles sexuellement et par le sang.

Date de publication :