COVID longue dans la population québécoise

L’INSPQ présente la prévalence et le risque de la COVID longue chez les adultes québécois ainsi que chez leurs enfants. Cette étude est basée sur un sondage populationnel comportant plusieurs collectes de données entre le 30 avril 2023 et le 13 septembre 2025. 

La prévalence est utile pour estimer la charge globale de la COVID longue à un moment précis. L’incidence indique le risque de développer une COVID longue et permet de suivre les tendances temporelles de la fréquence des nouveaux cas. Ces deux indicateurs peuvent permettre d’identifier les facteurs de risque potentiels.

Dans ce sondage, les cas de COVID longue sont définis comme des personnes ayant rapporté des symptômes persistants pendant au moins trois mois, après au moins un épisode de COVID-19 confirmée ou non par un test. Ces symptômes pouvaient être présents ou terminés au moment de la participation au sondage. La prévalence décrit la probabilité de présenter des symptômes au moment du sondage, alors que l’incidence décrit la probabilité de développer une COVID longue après une COVID aiguë. 

Près de 350 000 personnes âgées de 18 ans et plus ont rempli le sondage. La majorité des répondants (58 %) a rapporté au moins un épisode de COVID-19 remontant à trois mois ou plus avant la date de participation au sondage. De ces personnes infectées : 

  • 61 % ont rapporté un seul épisode de COVID-19, 
  • 30 % en ont rapporté deux, 
  • 7 % trois épisodes, 
  • 2 % quatre épisodes ou plus
  • 73% ont rapporté avoir été infecté pendant la période de prédominance du variant Omicron.

Parmi les près de 30 000 enfants de 5 à 17 ans mentionnés par leurs parents, au moins 71% ont fait au moins un épisode de COVID-19, dont au moins la moitié (52%) ont fait un seul épisode.

Prévalence

À l’été 2025, la prévalence pondérée estimée de la COVID longue dans la population québécoise adulte était de 2,8 %.

  • Entre le 2e trimestre de 2023 et le 3e trimestre de 2025, la prévalence a augmenté, passant de 3,2 % à 4,1 %, puis a diminué à 2,8 % (figure 1). 
  • La durée médiane des symptômes de COVID longue chez les personnes encore symptomatiques au moment du sondage était de près de 2 ans (605 jours), ce qui signifie que 50 % des personnes atteintes étaient encore malades après ce temps. Entre le 2e trimestre de 2023 et le 3e trimestre de 2025, la durée médiane des symptômes a augmenté, passant de 361 à 1171 jours. 
  • L’augmentation de la durée des symptômes combinée à une diminution de la prévalence témoigne de la chronicité de la maladie et de l’incidence à la baisse des cas de COVID longue. 

Chez les enfants de 5 à 17 ans, la prévalence pondérée de COVID longue à l’été 2025 était de 0,5%, donc moins élevée que chez les adultes. Entre le printemps 2024 et l’été 2025, la prévalence est demeurée plutôt stable. 

Figure 1 - Prévalence estimée de la COVID longue et durée médiane des symptômes associés au moment du sondage

 

Note : prévalence parmi les adultes; durée médiane des symptômes parmi les cas de COVID longue avec un seul épisode de COVID-19 remontant à trois mois ou plus avant la date de participation au sondage. Données collectées du 30 avril 2023 au 13 septembre 2025. Vous pouvez télécharger les données en format CSV pour obtenir les intervalles de confiance à 95 %.

Note : prévalence parmi les enfants des répondants. Données collectées du 30 avril 2023 au 13 septembre 2025. Vous pouvez télécharger les données en format CSV pour obtenir les intervalles de confiance à 95 %.

Incidence

Parmi les adultes qui ont déclaré un seul épisode de COVID-19 au moins trois mois avant leur participation au sondage, le risque pondéré estimé de COVID longue était de 7,2 %.Ce risque a diminué avec le temps (figure 2). Il était plus élevé chez les personnes infectées par la souche ancestrale du SRAS-CoV-2 (12 %) au début de la pandémie. Depuis l’arrivée des premiers variants du SRAS-CoV-2 (Alpha, Beta, Gamma) en 2021, ce risque est resté stable dans le temps (environ 7 %). 

Chez les répondants au sondage en 2024-2025, en considérant l’ensemble des épisodes de COVID-19 rapportés (c.-à-d. en incluant les réinfections), le risque de COVID longue a également diminué, passant de 11% avec la souche ancestrale à 5% avec le variant Omicron. Ce phénomène peut être attribué à la fois à un risque accru avec la souche ancestrale, mais également à un risque un plus élevé de COVID longue lors d’un premier épisode de COVID-19 que lors d’une réinfection (environ 1,5 fois plus élevé parmi les épisodes survenus pendant la période Omicron). 

Figure 2 - Risque estimé de COVID longue parmi les adultes québécois déclarant un seul épisode de COVID-19 remontant à trois mois ou plus avant la date de participation au sondage

Note : Période de dominance approximative des variants du SRAS-CoV-2 selon la vigie génomique réalisée au Québec : Alpha/Beta/Gamma à partir de janvier 2021; Delta à partir de juillet 2021; Omicron à partir de décembre 2021. Données collectées du 30 avril 2023 au 13 septembre 2025. Vous pouvez télécharger les données en format CSV pour obtenir les intervalles de confiance à 95 %.

Autres caractéristiques associées au risque de COVID longue chez les personnes n’ayant eu qu’un seul épisode de COVID-19

Outre le variant de SRAS-CoV-2 ayant causé l’infection, certaines caractéristiques des adultes répondants étaient associées à un risque accru de déclarer une COVID longue (figure 3). En effet, le risque estimé :

  • Était plus élevé chez les femmes âgées de 40 à 49 ans, à 11%. 
  • Augmentait avec la gravité de l’épisode aigu de COVID-19 ayant entraîné les symptômes persistants (2 % chez les cas de COVID-19 sans symptômes ou avec symptômes légers, 4 % chez ceux avec symptômes modérés et 9 % chez ceux avec symptômes sévères).
  • Était plus élevé chez les détenteurs d’un diplôme d’études professionnelles (9%) et plus faible chez les détenteurs d’un baccalauréat (6%), par rapport à environ 7,4% dans les autres catégories. 
  • Était plus élevé chez les personnes habitant seules (8,2%), par rapport aux autres personnes (environ 7%).
  • Ne variait pas selon la région sociosanitaire.

Chez les enfants de 5 à 17 ans, le risque de COVID longue était de 1,4 %, donc plus faible que chez les adultes. De plus, le risque chez les 12 à 17 ans était plus élevé que le risque chez les 5-11 ans (2% vs 1%). Le risque ne variait pas selon le sexe de l’enfant, le nombre de personnes dans le ménage et la région de résidence du répondant.

Figure 3 - Risque estimé de COVID longue parmi les adultes déclarant un seul épisode de COVID-19, selon a) le groupe sexe-âge et b) la gravité de l’épisode de COVID-19

a) Sexe-âge

b) Gravité de l’épisode aigu de COVID-19

Note : Données collectées du 30 avril 2023 au 13 septembre 2025. Vous pouvez télécharger les données en format CSV pour obtenir les intervalles de confiance à 95 %.

Conclusion

À l’été 2025, 2,8 % des adultes québécois avaient encore des symptômes de COVID longue au moment de répondre au sondage (prévalence). Cette prévalence estimée était inférieure à celle de 5,6 % rapportée en 2023 chez le personnel de la santé et des services sociaux du Québec (1). Elle était aussi inférieure à celle de 6,8 % rapportée en 2023 pour la population adulte canadienne dans le troisième rapport sur la COVID longue (2). Cela dit, elle était comparable à celle rapportée pour la population d’autres pays occidentaux, soit 3,6 % aux États-Unis en 2023, 3,3 % en Angleterre et en Écosse en 2024, et 4,0 % en France en 2022 (3-5). La diminution de la prévalence de la COVID longue, alors que la durée médiane des symptômes rapportée dans notre étude augmente, témoigne de la diminution de l’incidence et de la chronicité de la maladie, particulièrement lorsque développée en début de pandémie. La prévalence des symptômes de COVID longue était nettement plus basse chez les enfants des répondants au sondage que chez ces derniers, à 0,5 % pendant l’été 2025. Une étude américaine a rapporté une prévalence de 1 à 4% chez des enfants suivis de 2020 à 2023 (6). Une autre étude américaine a estimé la prévalence de COVID longue à 0,4% chez les enfants de 0 à 17 ans (7). 

Le risque (incidence) estimé de COVID longue parmi les individus ayant rapporté un seul épisode de COVID-19 était de 7,2 % chez les adultes québécois. Ce risque était inférieur à celui de 17 % mesuré en 2023 chez des travailleurs de la santé et des services sociaux du Québec (1). Il était aussi inférieur à celui de 14 % rapporté en 2022 dans la population adulte pour la province de Québec dans le deuxième rapport canadien sur la COVID longue (8). En accord avec nos résultats, ces études ont également démontré que le fait d’être du sexe féminin, d’avoir eu un épisode de COVID-19 plus grave, ou d’avoir été infecté par la souche ancestrale augmentait le risque de COVID longue. Le risque était plus faible chez les enfants et les jeunes adultes. Le plus faible risque de COVID longue qui est observé au cours des dernières années comparativement au début de la pandémie pourrait être expliqué par une diminution de la gravité de la COVID-19, probablement lié à la protection conférée par la vaccination et à la gravité réduite des variants du SRAS-CoV-2 (9-11). Les données du cycle 2024-2025 du sondage populationnel de l’INSPQ ont confirmé que le risque de COVID longue était nettement plus élevé avec une infection par la souche ancestrale, mais ce risque était plus faible après une réinfection . Les nouvelles données ont également permis de documenter le risque plus faible chez les enfants de 5 à 17 ans que chez les adultes, inférieur à 2%. 

 

Les données utilisées proviennent du sondage auprès des adultes québécois de l’INSPQ, soit un questionnaire électronique avec des réponses autodéclarées. Ce sondage a été rendu possible en vertu de l’enquête épidémiologique menée par le Directeur national de santé publique dans le cadre de la vigie de la COVID-19. 

Les analyses ont été effectuées en regroupant les 28 collectes de données réalisées entre le 30 avril 2023 et le 12 mai 2024 (cycle 2023-2024), ainsi que les 32 collectes de données entre le 13 mai 2024 et le 13 septembre 2025 (cycle 2024-2025). Le taux de réponse moyen était d’environ 10 % durant la période à l’étude. Pendant le cycle 2024-2025, les répondants étaient questionnés sur la survenue de symptômes de COVID longue chez l’aîné de leurs enfants. Une banque de données médico-administratives (Fichier d'inscription des personnes assurées ou FIPA) a été jumelée à celle du sondage afin d’obtenir des informations relatives aux caractéristiques sociodémographiques des répondants (le sexe ou le genre selon l’information dans le FIPA). 

Les données du sondage ont été pondérées afin de pouvoir extrapoler les résultats à la population générale. Si un individu a répondu au sondage deux fois ou plus au cours d’un trimestre, seule la dernière participation est considérée dans les analyses. L’exposition à la COVID-19 peut référer à un test rapide ou à un test d’amplification des acides nucléiques. Les résultats de tests de dépistage, de diagnostics de COVID-19 ou de COVID longue n’ont pas été confirmés par une évaluation médicale ni par la consultation du dossier médical des répondants.

Méthode de calcul

La prévalence de la COVID longue au moment du sondage a été estimée en divisant le nombre de personnes rapportant avoir des symptômes persistants pendant au moins trois mois (c.-à-d., que ces symptômes étaient présents au moment du sondage et depuis au moins 84 jours), par le nombre total de répondants au sondage.

L’incidence(risque) de COVID longue a été estimée en divisant le nombre total de personnes ayant rapporté des symptômes persistants pendant au moins trois mois (c.-à-d., que ces symptômes étaient présents ou terminés au moment du sondage), par le nombre de répondants déclarant un seul épisode de COVID-19 remontant à trois mois ou plus avant la date de participation au sondage. L’épisode de COVID-19 peut avoir été confirmé par test de laboratoire ou non. Pendant le cycle de données 2024-2025, l’information sur l’épisode de COVID-19 à l’origine de la COVID longue a été recueillie et le risque selon le nombre d’épisodes aigus a pu être mesuré.

La durée médiane des symptômes de COVID longue a été estimée chez les cas prévalents en calculant l’intervalle de temps entre la date de participation au sondage et le 15e jour du mois de l’épisode de COVID-19, car seuls le mois et l’année de l’épisode étaient disponibles. L’analyse a été restreinte aux cas déclarant un seul épisode remontant à trois mois ou plus. 

Les principales caractéristiques associées au risque de COVID longue ont été déterminées à l’aide des intervalles de confiance à 95 % mesurant la précision des estimations. Cette approche, pour déterminer si une donnée est statistiquement différente d’une autre, ne tient compte que de la relation brute entre la COVID longue et la variable étudiée.

Limites :

  • Étant donné l’abandon de la distribution gratuite des autotests de dépistage de la COVID-19 pour la population générale depuis avril 2023 (12), beaucoup de personnes peuvent avoir contracté la COVID-19 sans en avoir la confirmation. Ainsi, il peut être difficile pour un répondant d’attribuer des symptômes à long terme à une COVID-19 ou à une autre infection respiratoire, telle que la grippe. Le nombre d’épisodes de COVID-19 rapportés par les répondants a diminué dans la dernière année, tout comme la participation au sondage. 
  • L’usage d’un questionnaire autoadministré peut amener certains biais de mémoire, de désirabilité sociale, ou d’attrition qui peuvent affecter la précision des résultats et la généralisation des estimations à la population québécoise. Le faible taux de réponse est aussi une limite quant à la précision et à la généralisation des estimations (c.-à-d. qu’il est possible que les participants motivés à répondre au sondage soient différents de la population générale).
  • L’étude ne documente pas les symptômes rapportés et ne permet pas de déterminer la proportion de personnes dont la vie quotidienne est impactée par une COVID longue, ni celles qui demeurent fonctionnelles. Plus de données sur la sévérité des atteintes sont nécessaires pour évaluer adéquatement les besoins en matière de soins et de services.

Références

  1. Carazo, S., Ouakki, M., Nicolakakis, N. et coll. (2025). Long COVID risk and severity after COVID-19 infections and reinfections: a retrospective cohort study among healthcare workers. International Journal of Infectious Diseases,
  2. Agence de la santé publique du Canada (2023). COVID-19 : Symptômes à long terme chez les adultes canadiens. Troisième rapport : Automne 2023.
  3. Vahratian A., Saydah S., Bertolli J. et coll. (2024). Prevalence of Post–COVID-19 Condition and Activity-Limiting Post–COVID-19 Condition Among Adults. JAMA Network Open.
  4. Office for National Statistics (2024). Self-reported coronavirus (COVID-19) infections and associated symptoms, England and Scotland: November 2023 to March 2024.
  5. Coste, J., Delpierre, C., Richard, J. B., et coll. (2024). Prevalence of long COVID in the general adult population according to different definitions and sociodemographic and infection characteristics. A nationwide random sampling survey in France in autumn 2022. Clinical Microbiology and Infection.
  6. Razzaghi H, Forrest CB, Hirabayashi K et coll. (2024). Vaccine effectiveness against long COVID in children. Pediatrics.
  7. Ford ND, Vahratian A, Pratt CQ et coll. (2025). Long COVID Prevalence and Associated Activity Limitation in US Children. JAMA Pediatrics. 
  8. Agence de la santé publique du Canada (2023). COVID-19 : Symptômes à long terme chez les adultes canadiens. Deuxième rapport : Printemps 2023.
  9. European Centre for Disease Prevention and Control (2025). Does COVID-19 vaccination reduce the risk and duration of post-COVID-19 condition? Rapid systematic literature review.
  10. Carazo, S.; Phimmasone, J. et coll.(2024). Effectiveness of COVID-19 Vaccination and Prior Infections to Reduce Long COVID Risk during the Pre-Omicron and Omicron Periods. Clin. Infect. Dis.
  11. Institut national de santé publique du Québec (2024). Évolution de la gravité de la COVID-19 depuis le début de la pandémie.
  12. Gazette officielle du Québec (5 avril 2023, 155e année, no 14). Décret 556-2023, 22 mars 2023, concernant la modification du Programme de distribution d’autotests de dépistage de la COVID-19.

Auteurs

Grégory Léon, conseiller scientifique spécialisé 
Élise Fortin, conseillère scientifique spécialisée 
Sara Carazo, conseillère scientifique spécialisée 
Direction des risques biologiques

Coordination 
Marie-Claude Gariépy, cheffe d’unité scientifique 
Direction des risques biologiques

Collaborateurs

Équipe du sondage 
Radhouene Doggui, conseiller scientifique spécialisé 
Christine Lacroix, médecin-conseil 
Noémie Savard, médecin-conseil 
Josiane Rivard, technicienne en recherche 
Direction des risques biologiques

Jérémie Sylvain-Morneau, conseiller scientifique 
Olivier Arbour, technicien en recherche 
Bureau d’information et d’études en santé des populations

Révision 
Claudia Blais, conseillère scientifique spécialisée 
Bureau d’information et d’études en santé des populations 
Geneviève Deceuninck, conseillère scientifique 
Direction des risques biologiques

Valorisation 
Nathalie Labonté, agente d’information 
Karl Forest-Bérard, conseiller scientifique
Secrétariat général

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