Utilisation des immunoglobulines non spécifiques intraveineuses et sous-cutanées au Québec 2023-2024
Les immunoglobulines sont des produits sanguins préparés à partir de plasma humain provenant d’un grand nombre de donneurs. Elles sont utilisées principalement en immunologie, en hématologie et en neurologie, mais également pour d’autres spécialités médicales.
Ces autres applications représentent une proportion considérable de leur utilisation au Québec, l’une des provinces ayant les plus grandes consommations en immunoglobulines par personne au Canada. Le suivi de leur utilisation s’avère crucial compte tenu de la grande demande pour ce produit en quantité relativement limitée. Ce rapport provincial annuel fait état d’une analyse descriptive de l’utilisation des immunoglobulines non spécifiques.
Au Québec, en 2023‑2024 :
- Plus de deux millions de grammes d’immunoglobulines ont été administrés, pour une moyenne de 341,6 grammes par usager, soit l’équivalent de 249,0 grammes par 1 000 personnes.
- Le taux de Québécoises et Québécois ayant reçu des immunoglobulines est de 73 receveurs par 100 000 personnes.
- Il n’y a plus de restrictions imposées aux établissements en matière d’approvisionnement en immunoglobulines et la hausse de leur utilisation se poursuit, après une diminution pendant la pandémie de COVID-19.
- La moitié des immunoglobulines ont été administrées pour une indication neurologique et près du tiers l’ont été pour une indication immunologique. Les indications hématologiques ont représenté un peu moins de 10 % des quantités totales administrées.
- Le déficit immunitaire secondaire suivi du déficit immunitaire primaire constituent les deux conditions médicales pour lesquelles les immunoglobulines ont été administrées au plus grand nombre d’usagers (avec respectivement 17,9 % et 15,9 %).
- La polyneuropathie inflammatoire démyélinisante chronique est la condition médicale pour laquelle la plus grande quantité d’immunoglobulines a été administrée (20,4 % du total, soit une moyenne 704,9 grammes par usager).
- Pour 368 usagers, l’indication à l’origine de l’administration d’immunoglobulines est absente (non consignée au dossier) à au moins une reprise durant l’année, comparativement à 288 usagers en 2022‑2023. En considérant également les indications imprécises (dont le libellé réfère à une « autre indication », sans plus de détail), cela concerne 15 % des usagers. Au total, cela représente un coût de plus de 20 M$ d’immunoglobulines.
Les efforts et une vigie doivent se poursuivre afin d’avoir un portrait plus juste de l’utilisation des immunoglobulines au Québec.