Revue narrative sur les risques associés à la COVID-19 et le rôle de la vaccination pour les travailleuses enceintes ou qui allaitent

Faits saillants

Le contexte épidémiologique du SRAS-CoV-2, marqué par une désescalade du risque populationnel du variant Omicron et l’augmentation de l’immunité collective acquise par l’infection ou la vaccination, réduit le risque d’acquisition d’une infection pour les travailleuses enceintes et qui allaitent. Depuis janvier 2022, les priorités de dépistage populationnel de la COVID-19 au Québec ont progressivement été modifiées et restreintes à des sous-groupes à risque n’incluant pas les femmes enceintes, exception faite pour les travailleuses de la santé. Dans la population générale, le variant Omicron présente des manifestations cliniques généralement moins graves que le variant Delta, diminuant ainsi le risque de complications ou de maladie grave en cas d’infection.

Le risque d’issues maternelles et néonatales défavorables associé à une infection par le variant Omicron est significativement diminué en comparaison aux variants pré-Omicron, et Delta en particulier. Les données probantes portant sur la période 2022-2024 indiquent cependant une persistance du risque de maladies hypertensives graves de la grossesse chez les femmes enceintes infectées par Omicron, dans les mêmes proportions que chez les femmes enceintes infectées par Delta. Cet excès de risque semble être majoré chez les femmes enceintes présentant une forme grave de l’infection à Omicron. Une infection grave est associée à une augmentation de l’hospitalisation maternelle et néonatale, et du recours aux soins intensifs, par exemple pour un support ventilatoire ou un traitement antibiotique. Toutefois, cela demeure significativement plus faible avec Omicron que ce qui était observé lors de la circulation des variants pré-Omicron, et en particulier Delta. Aucune autre issue défavorable ne semble être associée à une infection par Omicron durant la grossesse, incluant l’accouchement avant terme.

Dans l’état actuel des connaissances, il n’existe pas d’algorithme permettant de prédire la probabilité de faire une maladie grave à la suite d’une infection par Omicron en fonction des caractéristiques de la femme enceinte. La meilleure façon de prévenir une infection grave durant la grossesse et l’allaitement repose sur une vaccination adéquate de la travailleuse enceinte ou qui allaite. La vaccination contre la COVID-19 est sécuritaire pour les femmes enceintes et qui allaitent. L’administration d’une dose de rappel contre la COVID-19 durant la grossesse ou l’allaitement est efficace et recommandée pour prévenir les issues maternelles et néonatales défavorables en lien avec une infection par le SRAS-CoV-2, conformément aux recommandations du Comité sur l’immunisation du Québec (CIQ).

Chez les femmes qui allaitent, les bénéfices associés à l’allaitement surpassent le risque de transmission de l’infection d’une mère infectée à son enfant allaité par contact direct. La COVID‑19 n’est donc pas une contre-indication à l’allaitement. 

D’un point de vue scientifique, compte tenu de la situation épidémiologique et des connaissances actuelles, une modulation des recommandations intérimaires sur les mesures de prévention en milieu de travail pour les travailleuses enceintes pourrait être envisagée. Aucune recommandation spécifique à Omicron n’est requise pour les femmes qui allaitent. 

Auteur(-trice)s

ISBN (électronique)

978-2-555-02093-1

Notice Santécom

Date de publication