Portrait des lésions professionnelles attribuables à une exposition aux vibrations main-bras au Québec entre 1997 et 2022

Entre 1997 et 2022, 862 lésions attribuables à une exposition aux vibrations main-bras (VMB), déclarées et acceptées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail, ont été recensées dans le fichier des lésions professionnelles, soit une moyenne de 33 lésions annuellement.

  • Près de six lésions sur dix (56 %) sont des cas de syndrome de Raynaud, l’atteinte vasculaire la plus courante du syndrome vibratoire main-bras (SVMB). Par ailleurs, 30 % des lésions sont associées à diverses atteintes musculosquelettiques (p. ex., tendinite, ténosynovite, bursite) et 14 % au syndrome du canal carpien, la principale atteinte neurologique du SVMB.
  • L’appareil circulatoire, les poignets et les doigts sont les sièges les plus affectés, et représentent 47 %, 21 % et 11 % du total des lésions, respectivement. Les bras et les épaules complètent ce portrait avec 9 % et 7 %, respectivement.
  • Près de huit lésions sur 10 (77 %) sont associées à trois secteurs d’activité, soit l’extraction minière (incluant les activités de soutien à l’extraction minière) (39 %), la fabrication (26 %) et la construction (12 %). Ces résultats expliquent que l’on retrouve 74 % de ces lésions dans cinq régions, soit : Abitibi-Témiscamingue, Saguenay–Lac-Saint-Jean, Montréal, Montérégie et Chaudière-Appalaches. En Abitibi-Témiscamingue et au Saguenay–Lac-Saint-Jean, c’est le secteur de l’extraction minière qui regroupe le plus de lésions. À Montréal, en Montérégie et Chaudière-Appalaches, ce sont les secteurs de la fabrication qui sont majoritairement associés aux lésions, notamment la fabrication de matériel de transport, de produits métalliques, la première transformation des métaux et la fabrication de produits en plastique et en caoutchouc.
  • Plus de la moitié des lésions (55 %) concernent les mineurs/foreurs, les manutentionnaires, les soudeurs, les mécaniciens de véhicules et les manœuvres en métallurgie. En effet, les sources d’exposition aux vibrations main-bras sont à moitié constituées par l’utilisation d’outils portatifs mécaniques vibrants, tels que les outils de perçage, de martelage, de clouage ou de surfaçage (31 %) et la machinerie à guidage manuel (p. ex. machines d’extraction minière et de forage, rectifieuses et polisseuses) (22 %). 
  • Les deux tiers des lésions (66 %) ont occasionné au moins une journée d’absence du travail. La durée médiane d’absence s’établit à 178 jours, et en 26 ans, la proportion de lésions ayant occasionné 90 jours d’absence ou plus est passée de 47 % à 63 %. 
  • Près de la moitié des lésions (49 %) découlant de cette exposition a occasionné une atteinte permanente à l’intégrité physique ou psychique de la personne exposée, et celles avec des taux d’APIPP ≥ 10 % sont majoritairement associées à l’atteinte vasculaire du SVMB. 
  • Plusieurs facteurs documentés dans la littérature scientifique peuvent contribuer à la sous-estimation de la prévalence des lésions attribuables aux VMB, notamment, les disparités dans les critères d’évaluation et d’admissibilité de ces lésions, ainsi que le manque d’information et de sensibilisation concernant les risques associés à l’exposition aux vibrations. 
  • Malgré les diverses limites méthodologiques et les enjeux liés à la sous-estimation des lésions attribuables aux VMB, le portrait qui se dégage de l’analyse des données lésionnelles québécoises est relativement cohérent avec ce qui est observé ailleurs qu’au Québec.

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Type de publication

ISBN (électronique)

978-2-555-04881-2

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