Impacts des feux de forêt sur la qualité des sources d’approvisionnement en eau potable
L’ampleur et la nature de la contamination des sources d’approvisionnement en eau potable résultant d’un feu de forêt varient selon plusieurs facteurs, notamment les caractéristiques du feu (durée, intensité, étendue, composition et charge en combustibles) ainsi que les conditions météorologiques, géologiques et hydrologiques du bassin versant.
L’étendue de la contamination des eaux de surface est fortement influencée par les processus de ruissellement et les débits de pointe lors des premiers épisodes de pluie ou de fonte des neiges, tandis que celle des eaux souterraines est conditionnée par les mécanismes d’infiltration, d’écoulement et de transport des substances dissoutes dans le sol. Dans les jours et les mois qui suivent le feu de forêt, ces premiers épisodes de ruissellement constituent la phase la plus critique en matière d’apports de contaminants et de la qualité de l’eau potable, tant pour les installations de traitement d’eau potable que pour les puits individuels.
À moyen terme (quelques années) après un feu de forêt, les épisodes de pluie ou de fonte de neige subséquents peuvent entraîner le transport de certains nutriments et métaux présents dans le sol vers les eaux de surface. Ces événements peuvent également favoriser la remise en suspension dans l’eau des hydrocarbures aromatiques polycycliques à haut poids moléculaire présents dans les sédiments. Ces apports ponctuels de contaminants peuvent affecter la qualité de l’eau brute, compliquer son traitement et justifier un suivi ainsi qu’un ajustement du traitement au besoin.
Les effets potentiels sur la santé humaine associés à l’ingestion d’eau potable contaminée à la suite de feux de forêt sont peu documentés, ce qui limite la possibilité de tirer des constats clairs à propos des impacts réels sur la santé humaine et leur ampleur. Certains contaminants chimiques et microbiologiques qui peuvent se retrouver dans l’eau brute à la suite de feux de forêt sont toutefois susceptibles de représenter un potentiel risque pour la santé s’ils se retrouvent dans l’eau potable.
La revue a permis de recenser dans la littérature des pistes d’action pour les responsables de systèmes de distribution d’eau potable et de puits individuels ainsi que pour leurs partenaires en préparation, en prévention, en intervention et en rétablissement d’un feu de forêt. Les pistes d’action incluent la protection des sources, l’aménagement du bassin versant en amont de la prise d’eau potable, la préparation d’un plan d’urgence, la surveillance de la qualité de l’eau, l’ajustement du traitement de l’eau potable ainsi que la gestion des infrastructures de distribution.
Les populations utilisant des sources d’eau privées non traitées ou de petits réseaux d’approvisionnement, reposant généralement sur une unique source d’eau et sans accès à des systèmes de traitement centralisés, sont particulièrement susceptibles d’être affectées par les dommages aux infrastructures et les altérations de la qualité de l’eau après un feu de forêt.