Autotest du VIH

C’est un test de dépistage de l’infection par le VIH qu’une personne se procure et effectue elle-même dans le lieu de son choix. Elle obtient son résultat immédiatement (comme pour un test de glycémie ou un test de grossesse à domicile).

À ce jour, deux types d’autotests du VIH sont approuvés par Santé Canada :

  • L’autotest VIH INSTI® se fait avec une goutte de sang obtenue après une piqure au bout du doigt. Il est semblable au « test de dépistage rapide » (INSTI® HIV-1/HIV-2 Antibody Test). Il est produit par le même fabricant. Le résultat du test est obtenu en une minute.
  • L’autotest VIH OraQuick® est, quant à lui, réalisé par prélèvement de fluide gingival (bouche). Le fluide gingival est différent de la salive, il s’agit du liquide qui suinte des gencives. Le prélèvement est donc effectué sur les gencives. Le résultat du test est obtenu en vingt minutes.

Ces deux tests détectent la présence d’anticorps anti-VIH-1 et anti-VIH-2. Aucun de ces deux tests ne détecte la présence directement du virus.

Une fois le test effectué, la personne est responsable de lire et interpréter le résultat elle-même.

Sources :

L’autotest du VIH s’ajoute aux stratégies existantes telles que le dépistage standard (prélèvement sanguin) et celui à l’aide d’une trousse de dépistage rapide réalisés en milieu clinique. Cette alternative vise à accroître le recours au dépistage du VIH. L’autotest du VIH est une stratégie qui soutient l’autonomie des personnes et promeut l’empowerment des communautés. Elle pourrait permettre de joindre des personnes à risque élevé de contracter l’infection par le VIH qui ne se feraient pas dépister autrement.

Plusieurs revues systématiques et méta-analyses démontrent les avantages de l’autotest, soit :

  • l’acceptabilité (Pai, 2013);
  • l’intérêt des personnes vulnérables au VIH et leur préférence (Pai, 2013, Qin, 2019);
  • l'arrimage avec les services pour le test de confirmation, la prévention, le traitement et les soins (Zhang et al., 2024);
  • l’augmentation de la probabilité d’aboutir au dépistage du partenaire (Pai, 2013);
  • l’autonomisation des personnes (Qin, 2019);
  • l’augmentation de la fréquence du dépistage (Johnson, 2017);
  • une augmentation de la probabilité de trouver de nouvelles infections (Johnson, 2017);
  • l’élargissement de l’offre de service (Qin, 2019).

Les préjudices semblent absents et l’augmentation des comportements à risque minime (Johnson, 2017).

L'autotest VIH OraQuick® (test oral) n'est pas administré par une ou un professionnel de la santé. Il s'agit exclusivement d’un test autoadministré.

Pour l'autotest VIH INSTI® (goutte de sang au doigt), il s'agit de la même technologie utilisée par les professionnelles ou professionnels de la santé qui offrent des tests de dépistage rapide. La différence réside dans le fait que pour l'autotest, la personne doit faire son test elle-même et interpréter son résultat, alors que pour le test rapide avec une ou un professionnel de la santé, c'est cette personne qui effectue le test et interprète le résultat.

Une personne qui choisit un autotest prend la décision de réaliser le test elle-même dans le lieu et au moment de son choix. Si elle préfère un accompagnement par une ou un professionnel de la santé, elle choisira plutôt de prendre rendez-vous pour son dépistage du VIH (dépistage standard par prélèvement sanguin ou test rapide).

Que ce soit un autotest ou un test de dépistage rapide, le résultat est obtenu en quelques minutes.

Il est important de noter toutefois que la plupart des professionnelles et professionnels de la santé procèdent généralement à un dépistage standard du VIH et non à un test rapide.

Sources :

Les deux autotests ont démontré d’excellent résultats de sensibilité (le pourcentage de résultats qui sont positifs en présence du VIH) et de spécificité (le pourcentage de résultats qui sont négatifs en l’absence de VIH).

  • Les essais cliniques concernant l’autotest VIH INSTI® (goutte de sang au doigt) montrent une sensibilité de 99,6 %. Cela signifie qu’on peut s’attendre à un maximum de 4 résultats faussement négatifs parmi 1 000 autotests chez des personnes séropositives. La spécificité a été établie à 99,5 % dans une étude canadienne où l’autotest était effectué par des personnes utilisatrices non formées. Cela signifie que l’on peut s’attendre à un maximum de 5 résultats faussement positifs sur 1 000 autotests chez des personnes séronégatives.
  • Les études concernant l’autotest VIH OraQuick® (test oral) ont montré une sensibilité supérieure à 99% (99,0-99,4%). Une étude effectuée auprès de 597 personnes ayant une infection par le VIH-1 a également montré une sensibilité du test de 100%. La spécificité du test est également supérieure à 99% (99,0-99,8%).

Pour garantir une précision maximale de l’autotest, il est extrêmement important que les personnes qui l’utilisent lisent attentivement et suivent toutes les instructions fournies dans la trousse.

Sources : 

Options gratuites :

Il est possible de se procurer gratuitement des autotests VIH INSTI® (goutte de sang au doigt) ou OraQuick® (test oral) dans le cadre du programme de recherche « J’agis » de REACH Nexus. Certains organismes communautaires pourraient encore avoir des trousses disponibles, mais il est préférable de les contacter pour confirmer.

Options payantes :

Il est possible d’acheter des autotests VIH INSTI® (goutte de sang au doigt) sur le site web du fabricant (bioLytical Laboratories) au coût de 35$ le test plus frais de livraison.

L’autotest VIH OraQuick® (test oral) n’est pas encore disponible à l'achat directement sur le site canadien de la compagnie OraSure Technologies, qui a confié le mandat de distribution au Canada à REACH Nexus. L’achat est présentement possible par les organismes (par lot de 25 tests minimum) sur le site Reach4Testing au coût de 20$ par test, plus frais de livraison. REACH Nexus a annoncé qu’éventuellement, l’achat d’autotests à l’unité sera également offert sur le site.

Sources :

Une personne qui choisit d’utiliser un autotest du VIH doit suivre les instructions qui l’accompagnent pour effectuer le prélèvement, procéder au test et interpréter le résultat. En effet, le risque de résultat faussement négatif ou faussement positif est plus élevé si on ne suit pas les instructions d’utilisation des tests.

En plus des instructions, des vidéos sont accessibles en ligne pour montrer l’utilisation de l’autotest VIH INSTI® (goutte de sang au doigt) ou l’autotest VIH OraQuick® (test oral).

L’ensemble du processus ne prend que quelques minutes. Chaque trousse d’autotest ne peut être utilisée qu’une seule fois.

Résultat négatif : Un point signifie signifie que le résultat du test est négatif (non réactif). Il s’agit du point de contrôle du test.

résultat non-valide


Résultat positif : Deux points signifient que le résultat du dépistage est positif (réactif). Un point peut être plus clair que l'autre.

résultat non-valide


Résultat non valide : Le test n’a pas fonctionné et le résultat ne peut pas être interprété. Le point de contrôle doit être visible afin d’indiquer que le dépistage a été effectué correctement.

résultat non-valide

Sources :

Résultat négatif : Un trait à côté du C et pas de trait à côté du T signifie que le résultat du test est négatif (non réactif).

resultat négatif


Résultat positif : La présence de deux traits complets, même à peine visibles, signifie que le résultat du dépistage est positif (réactif).

resultat positif


Résultat non valide : En cas d’absence de trait à côté du « C » (même lorsqu’il y a un trait à côté du « T »), lorsque le trait de test ou le trait de contrôle n’est que partiel (et non continu d’un bout à l’autre de la fenêtre) ou lorsqu’un fond rouge rend la lecture impossible : le test n’a pas fonctionné et le résultat ne peut pas être interprété.

résultat non-valide

Si le résultat est négatif, la personne n’a pas à se déplacer pour rencontrer une ou un professionnel de la santé concernant son test.

Si le résultat est négatif, mais qu'au cours des 12 dernières semaines la personne a été exposée au VIH, le test pourrait ne pas être en mesure de détecter l'infection. Il est recommandé de répéter le test 12 semaines après la dernière activité considérée à risque. Si la personne n'a pas eu d'activités à risque de transmission du VIH depuis 12 semaines, le résultat négatif est fiable.

Si la personne a été exposée au VIH dans les 72 dernières heures, elle doit consulter une ou un professionnel de la santé sans délai. Une évaluation pour une prophylaxie post-exposition (PPE) au VIH est recommandée. Si jugée pertinente, la PPE doit être amorcée idéalement dans les deux heures suivant l’exposition et moins de 72 heures après l’exposition.

Sources :

Si le résultat est positif (réactif), la personne doit rencontrer une ou un professionnel de la santé dès que possible pour effectuer un test de laboratoire qui confirmera ou infirmera la présence de l’infection.

La personne doit informer la ou le professionnel de la santé qu’elle a fait un autotest du VIH et obtenu un résultat positif.

Un accompagnement adapté lui sera offert en attendant le résultat du test de confirmation, incluant un counseling sur la prévention de la transmission du VIH.

Sources :

Si le résultat obtenu par la trousse est invalide, il ne peut pas être interprété. La personne doit refaire le test avec une nouvelle trousse ou consulter une ou un professionnel de la santé pour se faire dépister. Si la personne doute de la fiabilité du résultat du test, il est aussi recommandé qu’elle consulte une ou un professionnel de la santé en vue d’un dépistage standard.

Un résultat non valide signifie qu’il y a eu un problème lors de l’exécution du test, soit en lien avec l’échantillon ou le dispositif de test.

Sources :

Les autotests VIH INSTI® et OraQuick® détectent les anticorps antiVIH1 et antiVIH2. Ils pourraient identifier une infection 3 semaines après l’exposition. Dans plus de 95 % des cas, les anticorps sont détectables entre 4 et 6 semaines. La période fenêtre se termine à 12 semaines, où 99 % des infections au VIH sont détectables. 

Cette information est importante lors de l’interprétation d’un résultat négatif. Il permet de déterminer si une exposition au VIH aurait pu avoir lieu durant la période fenêtre et que le test n’aurait pas pu détecter.

Sources :

Certaines personnes pourraient choisir de le faire seules, dans le lieu privé de leur choix. D’autres pourraient désirer un certain soutien, avant ou après, voire pendant la procédure d’autotest. Toute personne devrait réfléchir soigneusement à la question afin de savoir si elle veut qu’une autre personne voit son résultat de test au même moment qu’elle. La personne devrait se sentir à l’aise et en sécurité avec quiconque serait présent lors de son dépistage, et dans le lieu où elle l’effectuera. De plus, elle devrait savoir à qui s’adresser si elle a besoin de soutien à un moment ou un autre pour faire face à son résultat de test.

Sources :

Plusieurs mécanismes de soutien sont offerts aux individus qui ont besoin d’aide pour l’autotest :

  • Chaque trousse contient un mode d’emploi complet et facile à suivre pour effectuer le test. Ce mode d’emploi présente également un code QR à balayer qui reliera la personne à la vidéo expliquant la procédure de l’autotest.
  • Une personne qui participe au programme de recherche « J’agis » peut obtenir du soutien avant, pendant ou après le test.

Des ressources locales et nationales peuvent également répondre aux personnes qui utilisent l’autotest :

  • Info-Santé (811) et Portail VIH/SIDA du Québec : peuvent diriger la personne vers la ressource la plus appropriée de son territoire (ex. : un milieu clinique pour un test de confirmation, une évaluation pour la prophylaxie pré ou post-exposition, un organisme communautaire pour un soutien psychosocial).
  • Médecin de famille ou autre professionnelle ou professionnel de la santé : peut effectuer le test de confirmation et offrir les soins requis.
  • Clinique de santé sexuelle : peut fournir des services de dépistage et de counseling et offrir les soins requis.
  • Organismes communautaires en matière de VIH/SIDA: ces organismes locaux fournissent du soutien à de nombreuses personnes dont les personnes à risque et celles vivant avec le VIH. Ils peuvent répondre à des questions et préoccupations, offrir du soutien psychosocial et référer vers d’autres ressources. Certains organismes sont partenaires du programme de recherche J’agis.
  • CATIE : centre national de ressources d’information sur le VIH et l’hépatite C. Écrire un courriel à info@catie.ca ou consulter https://www.catie.ca/fr.

Source :

Les autotests sont spécifiquement autorisés pour que les personnes puissent effectuer elles-mêmes leur test. Cela signifie qu’une personne qui utilise un autotest assume la responsabilité de faire le test correctement. Si une personne demande de l’aide à une ou un intervenant communautaire pour effectuer son autotest, cette dernière ou ce dernier devrait uniquement guider la personne utilisatrice de l’autotest à l’aide du mode d’emploi fourni dans la trousse et ne pas interpréter le résultat du dépistage ou indiquer si la personne est séropositive.

Si un organisme choisit de fournir ce que l’on appelle un autotest « supervisé » ou « service de supervision de l’autotest » (c’est-à-dire être présent ou sur un lien virtuel pour guider la personne dans le processus d’autotest), le personnel ou la personne bénévole de l’organisme NE DOIT PAS :

  • effectuer le dépistage à la place de la personne – et en particulier ne doit pas faire la ponction capillaire du doigt, car il s’agit d’une pratique réservée à certaines professions;
  • indiquer à la personne si elle a le VIH; plutôt, il est possible de confirmer le nombre de points apparaissant sur le dispositif du test, diriger la personne vers le feuillet de mode d’emploi de la trousse pour voir les détails sur l’interprétation du résultat, et lui rappeler que l’autotest du VIH est un test initial qui, lorsque positif (ou « réactif »), nécessite un test de confirmation.

Une fois qu’une personne a effectué son autotest, un organisme peut jouer un rôle très important en l’orientant vers des cliniques de dépistage pour un test de confirmation, des services de prophylaxie préexposition (PPrE) ou de prophylaxie post-exposition (PPE), et/ou d’autres services selon le cas.

Source :

De manière générale, on peut procéder de la même façon que pour un dépistage des ITSS, mais certains éléments de l’intervention doivent être adaptés en raison du résultat positif de l’autotest du VIH. La ou le professionnel pourra adapter son intervention en :

  • s’informant du contexte de l’autotest (ex. : dépistage régulier, 1er test de dépistage, crainte à la suite d’une exposition etc.) et de sa réaction face au résultat;
  • évaluant les besoins de la personne et ses questions en lien avec l’autotest du VIH;
  • évaluant les facteurs de risque d’infection par le VIH (aidera à évaluer la probabilité d’un résultat faussement positif ou la pertinence de discuter des partenaires des 72 dernières heures pour une PPE);
  • offrant un test de confirmation du VIH (un test de dépistage standard) en expliquant l’importance de ce test et les limites de l’autotest;
  • offrant un dépistage des autres ITSS (tenir compte du fait que si le résultat du dépistage du VIH est positif, les infections à Chlamydia trachomatis et à Neisseria gonorrhoeae, la syphilis et les hépatites B et C devraient être dépistées);
  • abordant les mesures à prendre pour prévenir la transmission du VIH en attendant le résultat du test de confirmation;
  • mentionnant les implications légales liées à la non-divulgation de son statut sérologique à ses partenaires sexuels;
  • évaluant si une intervention auprès des partenaires des 72 dernières heures est envisagée sans attendre le résultat du test de confirmation (voir question suivante de la FAQ);
  • offrant un soutien pendant la période d’attente du résultat de confirmation. Au besoin, orienter la personne vers les ressources appropriées.

Source :

  • Consultation d’expertes et d’experts effectuée par l’INSPQ en mars 2021

Généralement, l’intervention auprès des partenaires (relation sexuelle et partage de matériel de préparation, d’injection ou d’inhalation de drogues) est effectuée seulement lorsque le diagnostic est confirmé.

Toutefois, lorsqu’une personne pour qui le risque d’infection par le VIH est élevé obtient un résultat positif à l’autotest, la probabilité que ce résultat soit faussement positif est faible. Or, une intervention auprès des partenaires exposés dans les 72 dernières heures pourra être envisagée sans attendre le résultat du test de confirmation. Cette intervention vise à offrir une prophylaxie post-exposition (PPE) aux personnes exposées.

Différents éléments devraient alors être pris en compte, notamment :

  • la prévalence de l’infection dans la population dont fait partie la personne qui a obtenu le résultat positif à l’autotest du VIH (puisque plus la prévalence est élevée, plus le résultat positif risque d’être confirmé, la proportion de résultats faussement positifs sera faible);
  • le risque de transmission (plus le risque de transmission lié au comportement est élevé, plus l’évaluation pour une PPE s’avère pertinente). 

Pour proposer une intervention auprès des partenaires exposés dans les 72 dernières heures, le/la professionnel.le de la santé pourra :

  • discuter avec la personne des avantages à informer ses partenaires des 72 dernières heures pour l’obtention d’une PPE en tenant compte du fait que la notification est volontaire et non obligatoire,
  • évaluer avec elle les possibles inconvénients associés à la notification (par ex. il pourrait être difficile de maintenir l’anonymat pour une notification dans ce contexte),
  • si la personne accepte, identifier les partenaires des 72 dernières heures avec qui la personne a eu une activité à risque élevé de transmission et pour lesquels la PPE serait recommandée,
  • soutenir l’intervention auprès de ces partenaires. Consulter l’outil Soutenir la personne atteinte d'une infection par le VIH pour qu'elle avise ses partenaires.

La décision d’intervenir auprès des partenaires sera prise avec la personne qui a reçu un résultat positif à l’autotest en tenant compte des avantages et des inconvénients. C’est la personne qui décidera si cette intervention sera faite.

Source :

  • Consultation d’expert.es effectuée par l’INSPQ en mars 2021.

L’autotest du VIH ne convient pas aux personnes de moins de 18 ans, aux personnes sous traitement antirétroviral, aux personnes ayant participé à une étude portant sur un vaccin contre le VIH, aux personnes ayant un trouble de coagulation ou celles ayant peur des aiguilles.

L’autotest du VIH ne convient donc pas aux personnes sous prophylaxie pré ou post-exposition au VIH. Un test standard de 4e génération détectant les Ag p24 est recommandé pour ces personnes.