Violence à l’école et cyberintimidation chez les jeunes du secondaire

En 2022-2023

En 2022-2023, 41 % des jeunes du secondaire rapportent avoir subi de la violence à l’école (ou sur le chemin de l’école) ou de la cyberintimidation au cours de l’année précédente. Cette réalité est plus marquée au début qu’à la fin du secondaire.

Le soutien de la famille joue un rôle protecteur : les jeunes bénéficiant d’un soutien familial élevé se déclarent moins fréquemment touchés par la violence à l'école ou par la cyberintimidation.

Les catégories « Violence à l’école ou sur le chemin de l’école » (intitulée « Violence à l’école » dans le menu) et « Cyberintimidation » sont mutuellement exclusives. Elles ne peuvent donc pas être additionnées pour estimer la proportion globale des élèves qui est victime de violence à l’école ou de cyberintimidation. De plus, la violence à l’école est estimée depuis le début de l’année scolaire tandis que la cyberintimidation l’est depuis les 12 derniers mois.

Les graphiques de cette page présentent les données les plus récentes disponibles. Ils sont mis à jour lorsque de nouvelles données deviennent accessibles.

Les résultats des régions du Nunavik et des Terres-Cries-de-la-Baie-James ne sont pas présentés en raison d'enjeux liés à la disponibilité et la fiabilité des données.

Pour une interprétation juste des données, consultez la section “Méthodologie” au bas de cette page, la page “Informations sur les comparaisons” ainsi que le “Glossaire”, notamment pour les notions de proportions brutes et d’intervalles de confiance.

Les graphiques de cette page sont interactifs :

  • En cliquant sur une série de la légende (ex. masculin), il est possible de la faire apparaître ou disparaître du graphique et l'échelle s'ajustera automatiquement.
  • Il est possible de télécharger les données en sélectionnant l’icône située en haut à droite des graphiques.
  • Par défaut, les genres réunis de l’indicateur sont affichés. Des menus de sélection sont parfois disponibles et permettent d’afficher les données selon d’autres croisements.

Définition

Cet indicateur porte sur la proportion d’élèves du secondaire ayant été victimes de violence à l’école ou sur le chemin de l’école ou de cyberintimidation au cours des 12 mois précédant l’enquête.

Contexte

L’école est un endroit important dans la vie et le développement des jeunes. Outre le fait d’être le lieu d’apprentissage des savoirs, elle est aussi un lieu important de socialisation et d’apprentissage de la vie communautaire. Toutefois, que ce soit à l’école ou sur le chemin de l’école, il peut y survenir de l’intimidation ou toute autre forme de violence entre les jeunes (Patchin et Hinduja, 2006).

Avec l’avènement du téléphone portable et de l’Internet est apparue une nouvelle forme de violence chez les jeunes, une violence qui dépasse les cours de récréation ou le chemin de l’école. Il s’agit de la cyberintimidation. L’intimidation se définit comme tout comportement, parole, acte ou geste délibéré ou non à caractère répétitif, exprimé directement ou indirectement, dans un contexte caractérisé par l’inégalité des rapports de force entre les personnes concernées, ayant pour effet d’engendrer des sentiments de détresse et de léser, blesser, opprimer ou ostraciser. Lorsqu’elle se produit dans le cyberespace, il s’agit de cyberintimidation (Loi sur l’instruction publique, s.d.). Une des particularités de la cyberintimidation est que l’agresseur peut agir sous l’anonymat (Patchin et Hinduja, 2006). Avec la forte exposition des jeunes à l’Internet, il est important de prendre en compte cette forme de violence qui peut avoir de multiples répercussions sur le développement des jeunes et sur leur santé physique et mentale. En effet, de nombreuses études montrent que la violence vécue pendant l’enfance ou l’adolescence peut perturber l’estime de soi, la santé mentale, la trajectoire développementale des individus et augmenter le risque de vivre différentes formes de violences à l’âge adulte (Gonzalez-Sicilia et autres 2023 ; Laforest et autres 2018).

Précisions méthodologiques

Sur l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes (EQSJS)

  • Les données proviennent de l’Enquête québécoise sur la santé des jeunes au secondaire (EQSJS).Celle-ci vise les élèves de secondaire 1 à 5 (12 à 17 ans) inscrits à l’école secondaire, publique ou privée, de langue française ou anglaise. Elle exclut les élèves inscrits à un programme aux adultes.
  • Les écoles suivantes sont exclues :
    • Celles situées dans les régions du Nunavik et des Terres-cries-de-la-Baie-James;
    • Les établissements hors réseau, qui relèvent du gouvernement fédéral ou d’autres ministères provinciaux ; 
    • Les écoles où l’on retrouve au moins 30 % d’élèves en situation de handicap ou qui présentent un trouble grave de comportement.
  • Cet indicateur est disponible seulement pour le cycle 2022-2023 de l’EQSJS. 
  • C’est la variable « Genre » qui est utilisée pour le cycle 2022-2023 de l’EQSJS. Le genre « masculin » comprend les hommes cisgenres ainsi que les hommes transgenres. De même, le genre « féminin » comprend les femmes cisgenres ainsi que les femmes transgenres. 
  • Les personnes cisgenres sont celles dont le sexe assigné à la naissance est identique à leur genre. Les personnes transgenres comprennent les personnes dont le genre déclaré ne correspond pas à leur sexe à la naissance déclaré (Classification de cisgenre, transgenre et non binaire, Statistique Canada). Pour des raisons de confidentialité, et compte tenu de la petite taille de la population concernée, la publication de statistiques pour le groupe des personnes non binaires n’est pas possible pour cette enquête. 
  • Consultez les documents techniques de l’enquête sur le site de l’Institut de la statistique du Québec pour plus de détails.

Sur l’indicateur « violence à l’école et cyberintimidation » : 

  • L’indicateur principal, soit les élèves victimes de violence à l’école ou sur le chemin de l’école ou de cyberintimidation, est construit à partir de neuf questions.
    1. Il y a les questions relatives à la violence subie à l’école ou sur le chemin de l’école :
  • Depuis septembre, à l’école ou sur le chemin de l’école, est-ce qu’il t’arrive de...
    1. Te faire crier des injures ou des noms?
    2. Te faire menacer de te frapper ou de détruire ce qui t’appartient? 
    3. Subir des attouchements sexuels non voulus? 
    4. Te faire frapper (gifles, coups de poing, de pied) ou pousser violemment?
    5. Te faire offrir de l’argent pour faire des choses défendues (par exemple, voler, menacer ou battre quelqu’un, etc.)? 
    6. Te faire taxer (voler ou prendre des objets ou des vêtements sous la menace)?
    7. Être menacé(e) ou attaqué(e) par des membres de gang?
  • Les jeunes qui ont répondu “souvent” ou “quelquefois” à au moins une de ces sept situations sont considérés comme ayant répondu « Oui » au fait d’avoir été victime de violence à l’école ou sur le chemin de l’école. 
    1. Les questions relatives à la cyberintimidation sont : 
  • Au cours des 12 derniers mois, à quelle fréquence as-tu vécu des situations méchantes, blessantes ou désagréables en ligne parmi les suivantes, qui se seraient répétées durant une certaine période?
    1. Quelqu’un t’a écrit des messages, des propos ou des commentaires méchants, blessants ou désagréables, ou t’a menacé de te faire du mal par message texte ou par toute autre application de messagerie directe, en s’adressant juste à toi? (c.-à-d. sans que personne d’autre puisse le voir).
    2. Quelqu’un a publié en ligne des messages, des propos ou des commentaires méchants, blessants ou désagréables à ton sujet, des photos ou des vidéos méchantes ou blessantes de toi, des rumeurs sur toi ou des menaces adressées à toi, qui pouvaient être vus par d’autres personnes?
  • Pour la question a), qui réfère aux comportements survenus lors d’un échange privé via les technologies de l’information, les jeunes qui ont répondu « 2-3 fois par mois », « 1 fois par semaine ou plus mais pas à tous les jours » ou « à tous les jours » sont considérés comme ayant répondu « Oui » au fait d’avoir été victime de cyberintimidation. 
  • Pour la question b), qui réfère aux comportements survenus publiquement dans le cyberespace, les jeunes qui ont répondu « 1 fois par mois ou moins », « 2-3 fois par mois », « 1 fois par semaine ou plus mais pas à tous les jours » ou « à tous les jours » sont considérés comme ayant répondu « Oui » au fait d’avoir été victime de cyberintimidation. 
  • À noter que la portion « violence subie à l’école ou sur le chemin de l’école » est mesurée sur une période qui débute en septembre, soit au commencement de l’année scolaire, tandis que la portion « cyberintimidation » porte sur les 12 derniers mois. 
  • Les figures présentent les proportions brutes, qui reflètent la fréquence réelle dans la population. Les proportions ajustées ne sont pas présentées pour cette enquête puisque peu de différence a été observée entre les proportions brutes et les proportions ajustées.
  • Pour les graphiques de comparaisons régionales 3.1a et 3.1b, les tests de différence statistique entre les régions et le reste du Québec ont été réalisés en utilisant les proportions brutes.
  • Le symbole (+) signifie que la valeur de la région est significativement supérieure au reste du Québec, tandis que le symbole (-) indique qu’elle est inférieure. L’absence de symbole signifie qu’il n’y a pas de différence statistique. À noter que la différence entre les cycles n’a cependant pas été testée.
  • À cause d’un effet de période de collecte, les données du reste du Québec ont été ajustées pour être comparables avec celles de la région 10 (Nord-du-Québec) et pour pouvoir faire le test de comparaison. 

Limites méthodologiques

  • Pour le cycle 2022-2023, l’effet de période de collecte affecte la comparabilité de la région 10 (Nord-du-Québec) avec les autres régions puisque la collecte des données dans cette région s’est effectuée seulement entre janvier et juin 2023, contrairement aux autres régions qui avaient également participé à la collecte des mois de septembre à décembre 2022. 
  • Non-réponse partielle élevée pour le croisement selon le niveau de soutien familial. Pour limiter l’effet de la non-réponse partielle, une imputation des données manquantes a été faite. C’est une solution fréquemment employée dans le cas de non-réponses partielles élevées dans des enquêtes. L’imputation consiste à remplacer une donnée manquante pour une personne par une valeur attribuée sur la base des renseignements disponibles au sujet de celle-ci. Le taux de non-réponse partielle à une question ou à un indicateur reste le même malgré l’imputation puisque les données imputées ne constituent pas des réponses des élèves.

Références

Institut national de santé publique du Québec. (2025). La cyberintimidation vécue par les jeunes. Dossier sur l’intimidation. https://www.inspq.qc.ca/intimidation/jeunes/cyberintimidation

Institut national de santé publique du Québec. (2024). Contrer l’intimidation et la cyberintimidation : Une perspective de santé publique. Institut national de santé publique du Québec. https://www.inspq.qc.ca/sites/default/files/publications/3589-intimidation-cyberintimidation-perspective-sante-publique.pdf

Citation suggérée : Institut national de santé publique du Québec. (2026). L’Indicateur de santé publique : Violence et cyberintimidation chez les jeunes du secondaire. Institut national de santé publique du Québec. Consulté le [date].  

Dernière mise à jour : 11 août 2026

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