Lunette climatique

Un outil pour une intégration transversale des changements climatiques en santé publique

Bienvenue dans la Lunette climatique, un outil de mobilisation interactif et clé en main pour les acteurs et actrices en santé publique!

Commencez par consulter le document Questions et réponses pour découvrir comment utiliser la Lunette climatique et en savoir plus sur sa conception. Vous y retrouverez également le glossaire ainsi que la liste des sigles et acronymes.

  • Parcourez les fiches informatives à l’aide des menus déroulants ci-dessous pour explorer les liens entre les changements climatiques et la santé publique. 
  • Compilez vos réflexions dans la grille d'analyse pour identifier les opportunités de considérer les changements climatiques et l'équité dans vos pratiques professionnelles. 

Bonne exploration! 

Pour toute question, communiquez avec nous à : formations.cc@inspq.qc.ca.

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Formulaire d’inscription

Alimentation et systèmes alimentaires,
Qualité et salubrité des aliments

Mise en contexte

  • La salubrité alimentaire concerne l’accès à des aliments qui ne sont pas contaminés par des agents pathogènes ou des contaminants chimiques, lesquels peuvent entraîner des effets néfastes sur la santé1:
    • Annuellement, il est estimé qu’une personne sur huit contracte des maladies d’origine alimentaire au Canada (p. ex. Campylobacter, E. coli, Salmonella)2.
    • Ces maladies peuvent engendrer des symptômes tels que des nausées, des diarrhées, des vomissements et de la fièvre. Dans les cas les plus graves, elles peuvent provoquer des effets à long terme sur la santé, mener à des hospitalisations, voire à des décès1.
  • La salubrité alimentaire peut être affectée à n’importe quelle étape du système alimentaire, notamment la production, la transformation, la distribution et la consommation1. Par exemple, lorsque les températures adéquates de conservation des aliments ne sont pas maintenues, les aliments peuvent se détériorer plus rapidement3.
  • Au Québec, plus d’un million de tonnes de nourriture sont perdues ou gaspillées annuellement4. Plusieurs aliments sont perdus ou gaspillés en raison de leur apparence. Certains ne sont pas récoltés ou vendus, car ils ne répondent pas aux normes de qualité (taille, calibre, forme) et critères esthétiques recherchés par les consommateurs et consommatrices5.
  • Dans cette section, la qualité des aliments concerne leur valeur nutritive et leurs qualités en matière de couleur, d’aspect, de consistance, de texture, de goût et d’odeur (qualités organoleptiques).

Survol des liens avec les changements climatiques (CC)

  • L’augmentation des températures et les changements dans les précipitations liés aux CC pourraient favoriser l’introduction et la prolifération de certains agents pathogènes comme les bactéries dans les aliments, lesquels ont le potentiel de causer des maladies d’origine alimentaire (p. ex. croissance bactérienne favorisée dans les lieux d’entreposage des aliments)6.
  • Les CC pourraient perturber la chaîne du froid (processus pour maintenir une température appropriée afin de préserver la qualité des aliments à toutes les étapes du système alimentaire), essentielle pour assurer la salubrité et la conservation optimale de plusieurs aliments3:
    • Les événements météorologiques extrêmes (EME), qui augmenteront en fréquence et en intensité, pourraient nuire à la chaîne du froid (p. ex. perturbation du transport en raison de précipitations extrêmes, pannes de courant ou bris d’infrastructures servant au refroidissement) et créer conséquemment des conditions favorables à la croissance de pathogènes susceptibles de contaminer les aliments3.
    • L’augmentation des vagues de chaleur pourrait également nuire à la conservation des aliments à des températures adéquates pour les commerces, les restaurants et les logements, selon les équipements utilisés, ce qui pourrait augmenter les risques3.
    • L’augmentation des températures et le dégel du pergélisol pourraient affecter les congélateurs souterrains utilisés par les communautés autochtones des régions nordiques qui permettent l’entreposage sécuritaire des aliments1.
    • Le maintien inadéquat des températures est une cause de perte et de gaspillage alimentaires évitables3. Selon Recyc-Québec, les aliments comestibles perdus ou gaspillés représentent près du cinquième des gaz à effet de serre lié au système alimentaire québécois7.
  • L’augmentation des températures ainsi que les modifications des conditions d’élevage en réponse aux CC pourraient influencer la quantité d’agents pathogènes présents chez les animaux d’élevage et dans leur environnement. Cela pourrait entraîner une plus grande utilisation d’antimicrobiens chez ces animaux et accroître les risques pour les humains liés aux maladies d’origine alimentaire qui sont causées par des microorganismes résistants aux antimicrobiens1.
  • Les CC pourraient influencer le transport, la distribution et la concentration des contaminants chimiques (p. ex. métaux lourds), ce qui pourrait augmenter l’exposition des individus à ces derniers dans les aliments et entraîner des effets néfastes sur la santé1. Par exemple, les fortes précipitations peuvent déplacer les contaminants présents dans les sols jusqu’à des sites de production alimentaire. L’impact sur la santé que cela pourrait avoir au Canada et au Québec n’a toutefois pas été quantifié1.
  • Les CC pourraient créer des conditions plus favorables pour les ravageurs qui nuisent aux cultures (p. ex. effet sur les taux de croissance, les aires de répartition géographique), menant à une hausse potentielle de l’utilisation de pesticides en fréquence et en quantité1,6. Cette situation pourrait entraîner une augmentation des résidus de pesticides présents dans les aliments1.
  • L’augmentation des concentrations de dioxyde de carbone (CO2), le principal gaz à effet de serre, pourrait modifier la teneur nutritionnelle de certaines cultures, en réduisant notamment les concentrations de protéines, de fer, de zinc et d’autres minéraux1,6.

Quelques enjeux liés aux inégalités sociales de santé (ISS)

  • Les communautés des régions nordiques, lesquelles sont plus à risque face aux effets des CC, dépendent du transport aérien généralement non réfrigéré pour certains aliments, rendant la chaîne du froid plus fragile qu’ailleurs3. Les chaînes du froid actuelles pourraient ne pas être adaptées à l’augmentation des températures qui sont plus marquées dans ces régions.
  • Les peuples autochtones vivant au Nord sont plus exposés à des contaminants présents dans certains aliments, tels que les poissons et les mammifères marins en raison de leurs pratiques traditionnelles1. Les impacts des CC sur la température, les précipitations, le vent, les systèmes hydrologiques, la couverture de glace et de neige ainsi que les EME peuvent notamment provoquer des changements dans la distribution, la concentration et la bioaccumulation des contaminants (p. ex. des métaux lourds comme le mercure et des polluants organiques persistants comme certains produits chimiques)1.
  • Certains sous-groupes de la population tels que les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes sont plus à risque de développer des maladies d’origine alimentaire en cas d’insalubrité des aliments6.

Pistes d'action en santé publique

(P = provincial, RL = régional ou local)

Les professionnels et professionnelles en santé publique peuvent :

  • surveiller les tendances mondiales et l’incidence des maladies d’origine alimentaire afin de prévoir les nouvelles menaces dans un contexte de CC (p. ex. surveillance d’agents pathogènes sensibles aux variations de température ayant le potentiel de transmettre une maladie par les aliments)6,8 (P);
  • promouvoir auprès du milieu agroalimentaire des pratiques agricoles favorables à la salubrité alimentaire qui sont également utiles pour l’adaptation aux CC :
    • des pratiques limitant la contamination des sources d’eau et la dégradation des terres agricoles pour réduire les risques de maladie d’origine alimentaire et hydrique (p. ex. entreposage approprié des déjections animales, gestion des pesticides, diversité des cultures, rotation des cultures)6 (P, RL);
    • l’optimisation des pesticides et des fertilisants selon l’évolution des nouvelles espèces ravageuses afin de réduire les quantités utilisées, les risques de contamination et les coûts associés6 (P, RL).
  • promouvoir l’adaptation des chaînes du froid face aux effets des CC :
    • encourager l’adoption de procédures pour garantir la salubrité des aliments en cas de pannes de courant qui peuvent survenir à la suite d’un EME ou lors des périodes de grande chaleur, notamment pour les pannes de courant dans le réseau de la santé et des services sociaux9 (P, RL);
    • sensibiliser et accompagner des entreprises du secteur du transport alimentaire en exposant la nécessité d’adapter les chaînes du froid aux CC et en facilitant la prise de décisions sur les technologies et les procédures de refroidissement3 (P, RL);
    • encourager la recherche et la mise en place de méthodes normalisées pour permettre une collecte de données en lien avec les chaînes du froid et ainsi faciliter l’évaluation de la salubrité des aliments3 (P, RL);
    • encourager l’implantation de réfrigérateurs ou de congélateurs collectifs dans les communautés autochtones afin de réduire le risque de maladie d’origine alimentaire6 (RL).
  • encourager ou réaliser des recherches sur les risques liés au climat pour la salubrité des aliments traditionnels des peuples autochtones et des communautés du Nord (p. ex. l’influence des CC sur les méthodes traditionnelles d’entreposage des aliments)1 (P, RL);
  • promouvoir la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires :
    • collaborer à l’élaboration de programmes incitatifs et de politiques pour réduire les pertes alimentaires institutionnelle, industrielle, commerciale et résidentielle9 (P, RL);
    • soutenir les organismes communautaires en alimentation qui travaillent notamment à éviter le gaspillage alimentaire par la transformation ou la redistribution de denrées alimentaires qui allaient être jetées : dons de légumes des producteurs et productrices aux organismes communautaires, transformations de produits ou de mets invendus dans le but de redistribuer aux personnes plus vulnérables économiquement, récoltes urbaines, réfrigérateurs ou congélateurs partagés, sensibilisation et éducation des consommateurs et consommatrices, etc.9,10 (RL);
    • soutenir les initiatives citoyennes pour trouver et déployer des solutions qui répondent à leurs besoins afin de lutter contre le gaspillage et promouvoir la sécurité alimentaire9 (RL).

Considérations importantes

  • Cobénéfices :
    • Plusieurs projets visant la prévention du gaspillage (p. ex. banque alimentaire, glanage c’est-à-dire la récupération des aliments laissés dans les champs et les vergers après la récolte) ont le potentiel de diminuer l’insécurité alimentaire, d’augmenter l’accès économique à des aliments frais et de renforcer la cohésion sociale en créant des liens entre différents acteurs et actrices de la communauté civile et de l’industrie agroalimentaire.
  • Autre considération :
    • La prévention du gaspillage alimentaire doit demeurer cohérente avec la saine alimentation et l’écoute des signaux de faim et de satiété et la salubrité alimentaire.

Idées de parties prenantes à impliquer

  • Ministères et organismes concernés : MAPAQ, MELCCFP, MSSS, INSPQ, Recyc-Québec, Santé Québec, etc.
  • Municipalités, MRC, communautés métropolitaines et communautés autochtones
  • Université et centres de recherche
  • Industries alimentaires (incluant les producteurs et productrices, les transformateurs et transformatrices ainsi que les distributeurs et distributrices) : Association des détaillants en alimentation du Québec, Association québécoise de la distribution des fruits et légumes, Association restauration Québec, Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Union des producteurs agricoles, etc.
  • Services alimentaires notamment ceux des milieux scolaires, éducatifs et de vie : CPE, écoles, centres d’hébergement, etc.
  • Instances de concertation régionale : Table intersectorielle régionale en saines habitudes de vie, etc.
  • Organismes liés à l’alimentation saine et durable, à la sécurité alimentaire, à l’agroalimentaire, à l’économie circulaire et à l’environnement : conseils régionaux en environnement, Table québécoise sur la saine alimentation, Regroupement des cuisines collectives du Québec, Banques alimentaires au Québec, centres d’amitié autochtone, etc.
  • Citoyens et citoyennes

Références

  1. Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. Portrait des initiatives favorisant la réduction des pertes et du gaspillage alimentaires [En ligne]. Québec, Canada : Gouvernement du Québec; 2022. Disponible : https://cdn-contenu.quebec.ca/cdn-contenu/adm/min/agriculture-pecheries-alimentation/politique-bioalimentaire/plan-action/ED_portrait_initiatives_gaspillage_alimentaire_MAPAQ.pdf
Dernière mise à jour :
Plan pour une économie verte

La Lunette climatique a été financée par le gouvernement du Québec dans le cadre d’un mandat confié par le ministère de la Santé et des Services sociaux, visant à mettre en œuvre l’action Déployer une stratégie de mobilisation en changements climatiques – volet santé du Plan pour une économie verte 2030.