Lunette climatique

Un outil pour une intégration transversale des changements climatiques en santé publique

Bienvenue dans la Lunette climatique, un outil de mobilisation interactif et clé en main pour les acteurs et actrices en santé publique!

Commencez par consulter le document Questions et réponses pour découvrir comment utiliser la Lunette climatique et en savoir plus sur sa conception. Vous y retrouverez également le glossaire ainsi que la liste des sigles et acronymes.

  • Parcourez les fiches informatives à l’aide des menus déroulants ci-dessous pour explorer les liens entre les changements climatiques et la santé publique. 
  • Compilez vos réflexions dans la grille d'analyse pour identifier les opportunités de considérer les changements climatiques et l'équité dans vos pratiques professionnelles. 

Bonne exploration! 

Pour toute question, communiquez avec nous à : formations.cc@inspq.qc.ca.

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Formulaire d’inscription

Alimentation et systèmes alimentaires,
Alimentation végétale et peu transformée

Mise en contexte

  • La saine alimentation repose sur la consommation régulière de légumes, de fruits, de produits à grains entiers et de produits préparés à la maison tout en limitant la consommation d’aliments et de boissons ultratransformés et riches en gras saturés, en sucre et en sel1. Elle fait également une place prépondérante aux aliments protéinés d’origine végétale par rapport aux aliments protéinés d’origine animale1. Une telle alimentation favorise le bien-être et la santé, notamment par la prévention des maladies chroniques telles que le cancer et les maladies cardiovasculaires1,2.
  • Près de la moitié des calories consommées par les Québécois et Québécoises proviendraient des aliments ultratransformés3. Seulement le cinquième de la population aurait une consommation de fruits et légumes suffisante et les aliments protéinés d’origine végétale (noix, graines, légumineuses, substituts de viande) ne représenteraient que le cinquième des aliments riches en protéines que les citoyens et citoyennes consomment4.
  • L’alimentation traditionnelle autochtone présente de nombreux bénéfices sur le plan de la santé nutritionnelle et sociale en plus de jouer un rôle spirituel et culturel pour les peuples autochtones5. Les aliments traditionnels (aliments culturellement acceptés provenant des ressources naturelles locales) sont généralement plus intéressants sur le plan nutritif que les aliments qui pourraient les substituer6.

Survol des liens avec les changements climatiques (CC)

  • La viande et les produits laitiers sont responsables d’environ la moitié des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l’alimentation au Québec2. Pour une même quantité de protéines, la production d’aliments protéinés d’origine végétale comme les légumineuses, les produits de soya, les graines et les noix génère moins de GES que la production d’aliments protéinés d’origine animale2.
  • Bien que les légumes et les fruits représentent la majeure partie des aliments comestibles perdus ou gaspillés en matière de quantité, les viandes et les volailles sont les plus grands responsables des émissions de GES liées au gaspillage alimentaire, notamment en raison des émissions associées à leur production7.
  • La transformation des aliments et leur emballage sont aussi des sources d’émissions de GES2.
  • Les CC peuvent affecter la production, diminuer la qualité nutritionnelle et organoleptique (c’est-à-dire l’aspect, la consistance, la texture, le goût, etc.) des aliments, entraîner des risques pour leur salubrité et conséquemment diminuer leur accès physique et économique, ce qui peut affecter la capacité d’adopter des habitudes alimentaires saines et durables5 (consulter les sections « Qualité et salubrité des aliments », « Alimentation locale et systèmes alimentaires territoriaux » et « Accès aux aliments »).

Quelques enjeux liés aux inégalités sociales de santé (ISS)

  • La qualité de l’alimentation est associée au revenu et au niveau de scolarité. Par exemple, on observe que chez les ménages plus éduqués et plus fortunés, la consommation de fruits et légumes est généralement plus élevée, alors que la consommation de boissons sucrées tend à être plus basse 4,8.
  • Plusieurs groupes de la population sont susceptibles d’avoir un accès limité aux aliments, notamment les ménages monoparentaux et ceux issus de l’immigration récente ainsi que les populations autochtones9. L’insécurité alimentaire est d’ailleurs associée à une consommation plus faible de fruits et légumes et plus élevée de boissons sucrées (consulter la section « Accès aux aliments »).

Pistes d'action en santé publique

(P = provincial, RL = régional ou local)

Les professionnels et professionnelles en santé publique peuvent :

  • promouvoir les lignes directrices du Guide alimentaire canadien définissant l’offre alimentaire saine et durable2 (P, RL);
  • soutenir la révision et la mise en œuvre du cadre de référence « Miser sur une saine alimentation : une question de qualité » qui vise une offre alimentaire saine et durable, misant notamment sur les aliments locaux et une réduction du gaspillage alimentaire2 (P, RL);
  • soutenir les directions cliniques et le personnel de la santé sur les pratiques cliniques préventives bénéfiques pour la lutte contre les CC (LCC) (p. ex. promotion des lignes directrices du Guide alimentaire canadien, bienfaits des aliments protéinés d’origine végétale), par de la formation ou le développement d’outils cliniques2 (P, RL);
  • accompagner les réseaux de services de garde et scolaire ainsi que les autres institutions publiques vers une offre alimentaire saine et durable : politiques alimentaires avec des cibles et des indicateurs de durabilité, menus privilégiant les aliments protéinés d’origine végétale et les aliments saisonniers, approvisionnement local, gestion du gaspillage alimentaire, agriculture urbaine et jardinage2 (P, RL);
  • réaliser des campagnes d’information pour sensibiliser la population au fait que l’alimentation saine et durable constitue un levier clé pour améliorer la santé et pour contribuer à une transition socio-écologique plus juste2 (P, RL);
  • soutenir l’élaboration et la mise en œuvre de programmes de développement des compétences alimentaires et culinaires comme des ateliers d’éveil aux goûts ou d’apprentissage du jardinage chez les enfants pour appuyer le développement d’habiletés individuelles favorables à la lutte contre les changements climatiques (p. ex. sensibilisation au gaspillage, découverte d’aliments locaux)2 (P, RL);
  • soutenir la mission et tisser des liens avec des organismes communautaires qui œuvrent au développement de système alimentaire durable (p. ex. cuisines collectives, épiceries solidaires)2 (P, RL);
  • consulter et impliquer les personnes concernées dans les initiatives de santé publique en alimentation afin de mieux comprendre et tenir compte de leurs besoins, de leurs préférences et de leurs contraintes en lien avec l’alimentation2 (P, RL);
  • développer et diffuser des indicateurs complémentaires au Plan de surveillance thématique sur les CC portant sur la production et la consommation d’aliments protéinés d’origine végétale, avec des données stratifiées selon la défavorisation2 (P).

Considérations importantes

  • Autres considérations :
    • Les actions d’éducation et de sensibilisation des individus peuvent exacerber les inégalités sociales de santé, car elles profitent davantage aux personnes ayant un statut socioéconomique plus élevé. Les actions axées sur l’environnement alimentaire ou sur les milieux de vie sont généralement plus favorables à l’équité. Un ensemble d’actions et de mesures variées et complémentaires dans une approche d’équité est donc à privilégier pour favoriser la santé de tous et toutes (consulter la section « Accès aux aliments »).
    • L’alimentation peut générer de la culpabilité et de l’anxiété chez certaines personnes. La classification des aliments en « bons » et « mauvais » peut accentuer cette culpabilité. Les discours positifs et axés sur le plaisir, le bien-être et la découverte sont à privilégier par rapport aux discours moralisateurs.
    • Les femmes étant encore majoritairement les principales responsables de la préparation des repas pour leur famille10, la consommation d’aliments peu ou pas transformés peut ajouter à leurs responsabilités. Interpeler et représenter explicitement et positivement les hommes ainsi que les pères dans les messages de santé publique peut contribuer à renforcer l’idée que la saine alimentation concerne tout le monde.
  • Levier :
    • La promotion d’une alimentation saine et durable peut se faire en tenant compte des préférences culturelles et des traditions alimentaires, notamment dans les communautés autochtones. Les mets traditionnels de différentes cultures sont aussi d’excellentes façons de promouvoir la consommation d’aliments protéinés d’origine végétale.

Idées de parties prenantes à impliquer

  • Ministères et organismes concernés : MELCCFP, MEIE, MSSS, MAPAQ, MEQ, INSPQ, MFA, Santé Québec, etc.
  • Organismes et collectifs liés à l’alimentation saine et durable, à la sécurité alimentaire et à l’agroalimentaire : Table intersectorielle régionale en saines habitudes de vie, Banques alimentaires du Québec, Table québécoise sur la saine alimentation, Regroupement des cuisines collectives du Québec, Centre d’innovation sociale en agriculture, etc.
  • Municipalités, MRC, communautés métropolitaines et communautés autochtones
  • Regroupements citoyens et associations de quartier
  • Services alimentaires (notamment des milieux scolaires, éducatifs et de vie) : CPE, écoles, centres d’hébergement, etc.
  • Ordre des diététistes-nutritionnistes du Québec
  • Industries alimentaires (incluant les producteurs et productrices, les transformateurs et transformatrices ainsi que les distributeurs et distributrices) : Association des détaillants en alimentation du Québec, Association québécoise de la distribution des fruits et légumes, Association restauration Québec, Conseil de la transformation alimentaire du Québec, Union des producteurs agricoles, etc.

Références

  1. Santé Canada. SECTION 1 – Fondements de la saine alimentation. Guide alimentaire canadien [En ligne]. Canada : Gouvernement du Canada; 2022. Disponible : https://guide-alimentaire.canada.ca/fr/directrices/section-1-fondements-saine-alimentation/
  2. Comité stratégique sur les changements climatiques. Intégration des changements climatiques dans les actions de santé publique : document technique à des fins de planification interne au réseau de santé publique. Québec, Canada : Comité stratégique sur les changements climatiques; 2024. [document restreint]
  3. Moubarak JC, Batal M. La consommation d’aliments transformés et la qualité de l’alimentation au Québec [En ligne]. Québec, Canada : TRANSNUT; 2016. Disponible : https://nutrition.umontreal.ca/wp-content/uploads/sites/45/2017/02/RapportMSSS2016-10-19.pdf
  4. Plante C, Blanchet C, Rochette L. La consommation des aliments chez les Québécois selon les recommandations du Guide alimentaire canadien [En ligne]. Québec, Canada : Institut national de santé publique du Québec; 2019. Disponible : https://www.inspq.qc.ca/publications/2616
  5. Harper SL, Schnitter R, Fazil A, Fleury M, Ford J, King N, et al. Salubrité et sécurité des aliments [En ligne]. Dans La santé des Canadiens et des Canadiennes dans un climat en changement : faire progresser nos connaissances pour agir. (P. Berry et R. Schnitter). Canada : Gouvernement du Canada; 2022. Disponible : https://changingclimate.ca/health-in-a-changing-climate/fr/chapter/8-0/
  6. Bergeron A, Lefebvre J. Déterminants de l’alimentation des Premières Nations et des Inuit au Québec [En ligne]. Québec, Canada : Institut national de santé publique du Québec; 2024. Disponible : https://www.inspq.qc.ca/publications/3551
  7. Recyc-Québec [En ligne]. Québec, Canada : Gouvernement du Québec; 2022. Étude de quantification des pertes et gaspillage alimentaires au Québec. Disponible : https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/communiques-de-presse/pertes-et-gaspillage-alimentaires-un-premier-portrait-pour-le-quebec/
  8. Turcot V, Plante C, Rochette L. Consommation et habitudes alimentaires selon la situation de sécurité alimentaire des ménages [En ligne]. Québec, Canada : Institut national de santé publique du Québec; 2025. Disponible : https://www.inspq.qc.ca/publications/3705
  9. Observatoire québécois des inégalités [En ligne]. Québec, Canada : Observatoire québécois des inégalités; 2022. La faim justifie des moyens – S’engager à réduire durablement et à prévenir l’insécurité alimentaire des ménages au Québec. Disponible : https://observatoiredesinegalites.com/la-faim-justifie-des-moyens/
  10. Statistique Canada [En ligne]. Canada, Québec : Gouvernement du Canada; 2021. Perceptions des couples quant à la répartition des tâches domestiques et des tâches liées aux soins des enfants : existe-t-il des différences entre les groupes sociodémographiques? Disponible : https://www150.statcan.gc.ca/n1/pub/11f0019m/11f0019m2021003-fra.htm
Dernière mise à jour :
Plan pour une économie verte

La Lunette climatique a été financée par le gouvernement du Québec dans le cadre d’un mandat confié par le ministère de la Santé et des Services sociaux, visant à mettre en œuvre l’action Déployer une stratégie de mobilisation en changements climatiques – volet santé du Plan pour une économie verte 2030.